Expo en cours

LA MAUVAISE RÉPUTATION
GEOFFROY MATHIEU

EXPOSITION DU 10 OCTOBRE AU 28 NOVEMBRE
AVEC LE SOUTIEN DU CNAP
DANS LE CADRE DU MANIFESTA 2020, LES PARALLÈLES DU SUD

 
La mauvaise réputation est le dernier travail du photographe Geoffroy Mathieu. Si au début du XXème le ruisseau des Aygalades était encore un lieu de villégiature, un siècle d’urbanisation et d’industrialisation ont eu raison de sa continuité, de son débit et de son équilibre écologique à tel point que certains habitants en ont oublié même son existence. Cette mauvaise réputation pourrait aisément servir d’excuse pour ne pas s’occuper de sa renaturation alors même qu’Euromed 2 articule son projet autour de lui. C’est ainsi qu’en 2017, une expédition faite d’artistes, d’habitants, de chercheurs, d’aménageurs ont entrepris une remontée les pieds dans l’eau du ruisseau. Ils ont tous été saisis par les beautés cachées des Aygalades. Au fond du lit de cette rivière abîmée, entre deux segments busés, se déploie un espace de nature luxuriante inondé d’une lumière zénithale dans lequel les couleurs primaires des déchets, des plastiques et des objets hétéroclites, forment avec la végétation des tableaux paradoxaux. Dans les photographies de Geoffroy Mathieu, éclatantes de couleur et d’une composition extrêmement précise, le ruisseau devient ainsi motif de spéculation poétique autour de questions liées à l’écologie, l’aménagement du territoire, et l’espace public.
 
 
 
 
 
La mauvaise réputation, fait partie du projet Eaux d’artifice – vivre et rêver l’eau à partir de Marseille, porté par Zoème, Vidéodrome 2 et les éditions Wildproject dans le cadre de Les Parallèles du Sud (Manifesta 2020), qui constitue une invitation à s’éloigner des roches et du bâti pour penser la ville depuis l’altérité de ses eaux: puits, sources, ruisseaux, fleuves côtiers, canaux, littoral… A l’heure où les villes restaurent leurs cours d’eau pour créer du lien social et des continuités écologiques, en contexte de réchauffement climatique et de recomposition des relations ville/nature, l’eau est à la fois un sujet politique majeur et un formidable levier onirique. Avec ses trois cours d’eau, son terroir irrigué, ses canaux, et sa bande littorale, Marseille est un laboratoire pour réinventer la ville à partir de l’eau. Par un léger déplacement, et ouvrant notre projet à des propositions venues d’ailleurs en Europe puisque enjeux locaux et globaux se rejoignent, nous proposons d’esquisser une autre cartographie des lieux, d’explorer ses contrechamps écologiques et politiques. À la croisée entre l’art et les sciences, enquête, performance, conférence, exposition ou projection seront autant de manières de faire émerger des sensibilités et savoirs qui appréhendent la ville comme un organisme fluide et mouvant.